Les origines de l’athlétisme

L’Athlétisme est un sport universel : son origine remonte aux temps les plus anciens de l’humanité et il est pratiqué sur tous les continents. C’est le ‘’sport-roi’’ des Jeux Olympiques.

Antiquité

Dès les premiers âges de la civilisation, les hommes furent chasseurs et pêcheurs pour assurer leur subsistance et s’écarter des dangers. Durant leurs temps de ‘’loisir’’, ils concouraient entre eux et se mesuraient en vitesse, en endurance, en détente et en force ; qualités qui composent ou recouvrent l’éventail des spécialités de l’athlétisme contemporain. Ces concours spontanés, sporadiques se déroulaient de manière anarchique et rudimentaire.

Par les ruines, les vases, les peintures, les écrits, on retrouve des traces de l’activité physique de nos ancêtres. Chez les Aztèques ou les Incas, des messagers faisaient des concours de vitesse par relais de 3 à 5 kilomètres ; au Japon, il existait des courses de longue durée entre les conducteurs de pousse-pousse ;en Asie centrale des concours ou des combats étaient organisés pour les cérémonies mortuaires.

L’activité physique était un loisir en Egypte, une institution en Grèce. Raison d’état pour former des soldats à Sparte, des concours animaient les fêtes, pour honorer les dieux, les héros ou les hôtes de marque. Progressivement, ces rassemblements vont se développer dans toute la péninsule hellénique et aboutir à des jeux Pythiques, Isthmiques, Néméens ou Olympiques ; ces derniers seront les plus illustres.

Sur le site d’Olympie, on peut repérer les ruines d’un gymnase, d’une palestre, d’écuries, d’un hippodrome et d’un stade entouré d’un remblai gazonné formant amphithéatre ; on peut même distinguer une piste avec des plots de départ, des trottoirs limitant les zones de concours. Les athlètes admis aux Jeux subissaient un entraînement d’une trentaine de jours et devaient prêter serment de combattre loyalement.

Les Jeux furent abolis en 393 après J-C par l’empereur Théodose qui les trouvaient trop païens.

Période ‘’classique’’, du 5ème au 19ème siècle

Dans les pays nordiques et anglo-saxons (Celtes, Vikings, Ecossais, Irlandais), on note une permanence de jeux et concours divers (hauteur, perche, lancers de pierres, de piques, du marteau de forgeron, etc…) et des courses longues qui sont autant de défis. Chaque contrée a son ‘’green’’, terrain d’ébats en pelouse permettant d’effectuer ces ‘’jeux sportifs’’. L’amour profond de la compétition caractérise l’esprit anglo-saxon qui se perpétue jusqu’à nos jours.

A la fin du 18ème siècle, on organise des compétitions entre coureurs ‘’professionnels’’, notamment les valets qui précèdent les montures pour dégager la voie ou éclairer la route ; il existait des paris entre les maîtres et de l’argent à la clef pour leurs ‘’poulains’’. Il subsiste néanmoins une forme ludique de pratique.

En France, les principales pratiques physiques sont l’escrime, la paume, l’équitation, réservées à l’aristocratie.

Période moderne : naissance du sport actuel

C’est principalement l’action de Thomas Arnold (1795-1843) qui va révolutionner le système pédagogique anglais : enseignant, homme d’église et sportif convaincu, il applique sa doctrine : ‘’instruire, éduquer et surtout entraîner les corps et les esprits’’.

Nommé directeur du collège de Rugby en 1828, il va lancer le mouvement sportif qui sera suivi par les collèges d’Eton, d’Oxford et de Cambridge. L’athlétisme deviendra une véritable institution vers 1840. Il se crée des clubs où ce sont les étudiants qui prennent en charge les organisations ; des règles s’élaborent pour que les rencontres se répandent de collèges en collèges et même en dehors du milieu scolaire ou estudiantin.

Rudyard Kipling a écrit : ‘’Des collèges sont sortis les bâtisseurs de ponts, les capitaines courageux, les conquérants de l’impossible, qui ont porté sur toutes les mers et sur tous les continents cet esprit de compétition qui demeure la marque distinctive des Britanniques’’.

Les premiers championnats nationaux anglais se déroulent en 1866 avec des courses, des sauts et des lancers très divers.

Aux Etats-Unis, la première compétition a lieu en 1868, mais en salle ! Plus tard seulement l’athlétisme de plein-air réunira les Universitaires. En Amérique, l’activité sportive concerne surtout les masses populaires alors qu’en Grande-Bretagne, elle touche principalement les classes aisées.

A la même époque, d’autres sports se structurent comme l’aviron, le football, le rugby, le tennis, la natation et le patinage. C’est en 1868 qu’apparaît l’ancêtre de la bicyclette, ce qui donnera lieu tout de suite à des compétitions.

Parallèlement, dès 1800, se dessine un mouvement pour développer les exercices physiques, en Allemagne, en Suède, en Suisse et en France (avec Amoros), mais qui s’oriente vers des mouvements plus ou moins ‘’construits’’, avec ou sans appareils et qui donneront plus tard naissance à des méthodes d’éducation physique puis à la gymnastique aux agrès.

En France

Après une période de jeux locaux au moyen-âge, il ne reste guère, au ‘’grand siècle’’, que l’escrime ou la paume dans l’éducation du noble. Au début du 19ème siècle, existaient bien quelques courses de ‘’professionnels’’ valets de pied ou pédestrians’’ sur lesquels se faisaient des paris ; les coureurs étaient affublés de casaques et de toques bariolées comme les jockeys, maniant quelquefois une cravache et portaient des pseudonymes.

Vers 1880, ce sont les étudiants et les lycéens qui s’organisent pour lancer le sport à la mode anglaise, fuyant les tristes séances de gymnastique dans des préaux poussiéreux. Au jardin du Luxembourg ou dans la salle des ‘’pas-perdus’’ de la gare Saint-Lazare, naissent des compétitions entre potaches.

Le premier club, le Racing Club de France, est créé en 1882 par les élèves des lycées Monge, Rollin et Condorcet, puis, l’année suivante, le Stade Français est lancé par les élèves du lycée Saint-Louis.

En 1884, des statuts établissent l’aspect omnisports des clubs et le principe d’amateurisme.

Le premier championnat sur le territoire de la France voit le jour en 1886 à la Croix-Catelan, opposant des Belges, des Anglais et des Français. Le programme comportait : 100m, 400m, 1500m et 120m haies. On peut considérer que c’est la date de naissance de l’athlétisme en France. Les concours (sauts et lancers) n’apparaissent qu’en 1892.

Imprégné de culture anglo-saxonne et d’hellénisme, le Baron Pierre de Coubertin se jure de rétablir les Jeux Olympiques, imitant ceux de l’antiquité. En 1884, un Congrès est réuni à la Sorbonne et, en 1896, les premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne se déroulent à Athènes, rassemblant 285 sportifs de 13 nations.

A ses débuts, comme pour les autres sports, l’athlétisme n’était pratiqué que par les hommes. Progressivement, les femmes s’y sont mises ; prenant conscience de leur importance grandissante dans la société, notamment durant la guerre de 1914-1918, où elles furent obligées de faire le travail des hommes partis au front. Elles participèrent à des compétitions ouvertes spécialement pour elles et, à l’instigation d’Alice Milliat en France, elles furent admises pour la première fois en athlétisme aux Jeux Olympiques d’Amsterdam en 1928. Dans certains sports, elles participaient déjà, comme en natation ou en tennis.

Le sport va progressivement se structurer pour aboutir à ce que nous connaissons actuellement : une fédération par sport, tant au niveau national qu’international ; pour l’athlétisme ce sera chose faite en 1920.

En 1920, la Fédération Française d’Athlétisme (FFA) voit le jour le 20 novembre, elle sera reconnue ‘’d’Utilité Publique’’ par décret du 7 avril 1925. Elle rassemble alors près de 800 sociétés.


 

Date de dernière mise à jour : 05/08/2013

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